La loi de Brandolini nous dit que l’on utilise toujours beaucoup moins d’énergie à affirmer une bêtise, qu’il n’en faudra pour démontrer que c’est une bêtise. En résumé celui qui affirme une bêtise avec clarté sera plus facilement applaudi, que celui qui s’embourbe à en démontrer la dangerosité.
Les biais cognitifs conduisent les personnes à accorder des importances différentes à des faits de même nature et peuvent être repérés lorsque des paradoxes ou des erreurs apparaissent dans un raisonnement ou un jugement.
Exemple :
Le biais d’actualisation hyperbolique
De quoi s’agit-il ?
Le biais d’actualisation hyperbolique est un biais cognitif qui pousse les gens à préférer des récompenses immédiates à des récompenses ultérieures.
Face à deux issues favorables, les humains développent des préférences pour le court terme et vont très probablement choisir celle qui arrivera le plus rapidement.
En conséquence, les humains ont tendance à faire des choix inconsistants qu’ils regretteront à l’avenir, ayant été influencés par ce biais d’actualisation hyperbolique lors du processus de décision.
Dans le monde de l’exploitation de l’outil de production, cela se traduirait par une négligence des bénéfices à long terme de la maintenance (Never distress, always no stress) au profit d’intérêts immédiats (généré par l’effet « Brand New and Wonderful: The Rise of Technology »)
Imaginez, que pendant plusieurs années un problème affecte la facture énergétique mensuelle d’une grosse entreprise, de plusieurs centaines de milliers d’euros, et que personne n’ose régler le problème par peur de déclencher un grave conflit, voir un procès en dommages et intérêts… il faudra donc attendre, la fin de vie, le renouvellement de l’installation défectueuse, pour que le problème disparaisse sans éclabousser qui que ce soit.
À chaque fois, qu’un manquement est constaté, parce qu’ « on » a sacrifié l’usage, l’exploitation ; la maintenance, sur l’autel du profit immédiat, les conséquences en terme de responsabilités peuvent être tellement écrasantes, que la majorité préfère s’en accommoder, et étaler la sanction financière, jusqu’à la survenue d’une panne majeure, qui permettra d’éliminer le problème discrètement.
Un exemple vécu :
« Alors oui, effectivement, la facture est passée de 110 000 € à 80 000 €. Bravo. Sur le papier, c’est 30 000 € d’économies. En apparence seulement. Mais posons les bonnes questions :
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Quelles performances thermiques réelles ?
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Quelle tenue dans le temps, quelles garanties associées, quelle résistance aux cycles d’ouverture/fermeture ?
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Quelle adaptation au type de public accueilli ? – Je rappelle que nous sommes dans un établissement de santé, pas dans une bergerie.
Quand un AMO propose une solution plus coûteuse, ce n’est pas pour “le fun”. C’est parce qu’il a le recul, les sinistres en tête, les défauts récurrents, les maintenances impossibles, les pathologies du bâti qu’on vient régler trop tard.
Court-circuiter un AMO, c’est prendre le risque de se priver de cet effet miroir, de cette mémoire technique collective. C’est croire que parce qu’on achète des fenêtres, on achète juste du verre et un cadre. Non. On achète un confort, une sécurité, une durabilité.
Ce genre de décision, prise à la va-vite ou pour flatter l’égo du décideur, peut coûter bien plus que les 30 000 € prétendument économisés, à moyen et long terme. En coûts cachés. En SAV. En perte de confort. Et parfois… en responsabilité juridique.
L’AMO n’est pas un surcoût. C’est une assurance qualité. Une protection du maître d’ouvrage. Un filtre contre les erreurs coûteuses. Et surtout : une trace écrite prouvant que l’établissement a fait le choix le plus adapté. Ce qui n’est plus le cas ici. »
À retenir :
- Une économie immédiate peut masquer une perte structurelle.
- L’AMO protège l’établissement, même contre lui-même.
- Une mauvaise décision technique ne se juge pas à la facture… mais à la durabilité.
- Il vaut mieux prévenir les sinistres que gérer les responsabilités après coup.
